Les épidémies qu'ils ont vécues

Avant de parler maladie, examinons un élément de fragilité des organismes qui créé un terrain favorable aux épidémies : la famine.

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En deux années, 1693 et 1694, il y eut 1.400.000 morts de faim dans l’ensemble du Pays, soit 10% de la population française. Les autres grandes famines qui ont touché nos régions sont particulièrement celles de :

1568 : Partout la neige tomba en abondance, en particulier dans la Vendée où par places son épaisseur atteignit 2 mètres. En décembre 1568, toutes les rivières de France furent prises par les glaces. Le froid reprit ensuite en février mars et avril 1569. En Vendée, les rigueurs de cet hiver s'y firent sentir "de Noël 1568 à la St Vincent 1569". Devant Bordeaux "la mer gela et la glace y était de la hauteur d'un homme". L’année suivante furent les inondations puis la famine…

1615 : Été caniculaire suivi d’un hiver glacial. En cet hiver, le roi Louis XIII revenait de Bordeaux où son mariage avait été célébré et se rendait à Paris avec sa nouvelle épouse. L'intensité du froid fut telle que dans l'escorte royale, plus de 1 000 gardes périrent en traversant le Poitou.  1616 vit la famine entrainer la mort de 10 % des habitants de la région.

1723 : A Charroux par exemple où l'année a été remarquable par une sècheresse extraordinaire, depuis la mi-mars jusque au mois de novembre. A peine a-t-il tombé de l'eau pour détremper la poussière. Ainsi les fourrages et menus grains ont été très rares. Les sources des puits et des fontaines ont été taries et les rivières ou mise à sec ou privée d'eau suffisamment pour y naviguer ou faire moudre les moulins. Les bestiaux ont soufferts beaucoup de la faim et de la soif. Les terres n'ont pu être labourées.

1729 : Très grands froids du début mars à la mi-avril. En Poitou, l'encre gelait dans les plumes, même dans les pièces chauffées. En Provence, les oliviers périrent. Le mois d'avril fut marqué par de fortes chutes de neige. Ce froid fut suivi d’un été caniculaire et de peu de récoltes, donc famine.

1870 et 1871 : Il y eut un été de forte sécheresse et de canicule. L’hiver suivant fut prématuré et très froid. Les récoltes furent lamentables. La famine s’installa.

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Ensuite les grandes épidémies que nos anciens ont eu à combattre, dans leur région sont diverses. Retenons l’essentiel.

La peste noire qui atteint l’Anjou puis le Poitou fin novembre 1348. Il y a une énorme mortalité partout en France avec près de 40 % de la population décédée dans les zones infectées.

La peste fit encore de nombreux ravages avec 10 années particulièrement mortelles entre 1563 et 1606, puis 20 autres épidémies entre 1616 et 1706…

Pour l’épidémie de peste noire en Anjou et en Poitou en 1606, les conséquences furent inattendues :

  •         On décréta que c’était la faute des juifs qui empoisonnaient les sources et il s’ensuivit la chasse à l’homme.
  •         A Chinon on jeta une centaine d’entre eux dans la Vienne. A Niort, Angers, Saumur, on fit brûler des échoppes de juifs.
  •         L’Eglise décréta l’abstinence, pour punir la population de s’être mal comportée (la peste en était la preuve divine !)
  •         Les médecins proposèrent comme prévention de brûler des pelures de coings dans les maisons…

Ci-dessous la tenue des médecins en cas de peste au moyen âge

carabin.jpgIl y eut encore une forte épidémie de peste noire en 1720.

 La dysenterie en 1706 et 1719, après deux hivers très froids fait de nombreux morts. Nous avons trouvé dans les registres d’Etat Civil une famille qui en 2 mois verra la mort du père et de 8 de ses enfants.

Le typhus fit aussi des ravages avec une grande épidémie sur Angers et Saumur en 1741, puis en 1900 à La Rochelle et Nantes.

En 1793 et 1794, à cause de la surpopulation des prisons nantaises, à cause des destructions des récoltes ordonnées par le gouvernement pour exterminer la population (guerres de Vendée), et à cause d’une forte augmentation des rats dans les égouts pleins du sang des guillotinés, le typhus se déclare et tue plus de 6% de la population, 3.700 morts en 8 mois à Nantes. Niort ville républicaine de garnison ne fut pas touchée.

Le choléra a sévi avec de gros dégâts dans les campagnes et ce durant de nombreuses épidémies dont les plus importantes restent :

  •         1832 à 1837 qui fera 500 000 morts en France
  •         1849 avec autant de victimes que précédemment
  •         1854 avec 150 000 morts, dont 600 à Niort.
  •         1865
  •         1883
  •         1892-1894

 

daumier-le-malade-imaginaire.jpgLa typhoïde pendant 2 années, 1772 et 1773, fit de nombreux malades. Elle fut d’autant plus terrible qu’elle fut accompagnée d’une autre épidémie, frappant tout autant la région : la variole. Les prêtres de Cholet demandèrent à leurs paroissiens de venir un vendredi à la messe avec un hareng et de le suspendre ensuite à une poutre de leur maison… Cela chasserait le mal.

Les pneumo-infections (était-ce des grippes ?) ont provoqué de nombreux décès pendant 5 années consécutives, de 1781 à 1785. Cela venait après 2 années de disette en 4 ans. Il n’est pas rare de trouver dans les registres des paroisses des Deux Sèvres des familles perdant la moitié de leurs enfants durant cette période.

La variole, on l’a vu, a déjà sévi en Anjou en 1772 et début 1773 en Poitou. Mais n’oublions pas celle la plus près de nous, l’épidémie de 1954 qui avait entrainé une vaccination généralisée et obligatoire en France… Il y eut peu de malades mais 22 % d’entre eux sont morts.

La lèpre fut présente dans toutes les villes durant tout le moyen âge. Les campagnes furent moins touchées, mais souvenons nous que le dernier cas en France date de … 1945.

La grippe est une maladie connue depuis 1173. Les épidémies furent nombreuses et régulières, pour preuve le célèbre H1N1 dont les médias firent choux gras pour rien en 2009 et 2010. Pour l’Anjou et le Poitou, il faut mettre en avant quelques épidémies particulières :

  •         3 années consécutives de 1830 à 1832 causèrent une mortalité moyenne
  •         1890 et 1900 virent plus de 100 morts à Niort à chaque fois
  •         la grippe espagnole de 1918 à 1920, elle aussi du virus H1N1, qui provoqua plus de morts en France que la guerre 1914-1918…

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